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Gelsomina, ou la muette de La Strada prend âme, et parole.

D 3 mars 2007     A Benjamin Sonntag    


Ce soir, je suis allé au théâtre, comme disait Eluard, "c’est comme la messe, pour bien en ressentir les effets, il faut y revenir souvent". Ayant pratiqué en tant qu’acteur dans ma jeunesse, je sais le plaisir que représente la scène, et aime aussi particulièrement assister aux performances de ces grands artistes.

Cela dit, quand Marine m’a invité à cette pièce, je ne savais pas du tout à quoi m’attendre. Une pièce pour une seule actrice, l’exercice est difficile : comment tenir la durée, conserver son public etc.

Bref, c’est avec un peu d’inquiétude que je suis arrivé dans le 16ème arrondissement de Paris, dans le très beau vieux théâtre Ranelagh, à 19h. La scène s’ouvre sur une corde de cirque et un trapèze. Un coffre en bois dans un coin. Gelsomina, visiblement abattue, nous raconte alors son histoire.

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Nous ressortons, une heure et demi plus tard, sonnés, encore ébahis par le mélange de performance de ce jeu de cirque en salle et plein de tristesse face au destin de cette Gelsomina.

L’immense talent de Juliette Croizat convient parfaitement à ce rôle. Elle a du, m’a-t-on dit, suivre des cours de cirque pour ce rôle difficile. Le texte même de la pièce est vraiment fabuleux, et il n’y a rien d’étonnant que Fellini lui-même fut enthousiasmé par cette libre adaptation théatrale de son film La Strada par Pierrette Dupoyet.

Bref, un grand moment de théâtre que je ne manque pas de vous inviter à partager, jusqu’au 29 mars au Théâtre Ranelagh à Paris.