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Hadopi : au suivant !

D 8 novembre 2010     A Benjamin Sonntag    


Ça y’est ! On passe enfin à autre chose : après de nombreux mois de une médiatique, la haute autorité HADOPI passe dans la case "aberration historique" : on n’attend plus que son abrogation. Passons d’hier à demain, à d’autres joutes plus importantes pour l’avenir de nos libertés ...

Abrogation ?

Cela fera bientôt trois ans, pour être précis le 27 novembre prochain. Trois ans que Denis Olivennes, alors président de la Fnac, a commis son rapport destiné à l’ex-ministre de la culture Christine Albanel. Ce rapport Olivennes qui donna lieu a l’un des projets de loi les plus affligeants de notre pays, autant dans sa construction branlante que dans son contenu censuré puis affreusement bidouillé pour tenir debout.

Cela a donc donné naissance à la HADOPI, la fameuse haute autorité censée protéger les droits et défendre les œuvres, (ou l’inverse on ne sait plus trop bien), fer de lance de la lutte acharnée des grands groupes du film et du disque contre des citoyens qui partagent leurs passions musicales et animées...

Dans l’armée des défenseurs de cette loi, on trouve, pèle-mêle, Pascal Rogard (pour la SACD), Pascal Nègre (pour Vivendi Universal), Franck Riester (Député et rapporteur de la loi), ou Muriel Marland-Militello (grand défenseur de son président bien-aimé), toujours prêts à défendre cette loi absurde, cette haute autorité inutile et dépassée.

Il est donc temps, j’en suis convaincu, de laisser mourir peu à peu cette autorité, et surtout de ne pas en avoir peur : pensez-vous sérieusement que le gouvernement lui laissera la latitude d’envoyer des plis postaux recommandés, voire de couper l’accès à Internet de citoyens, et ce à quelques encablures d’une élection présidentielle à l’issue tout à fait incertaine pour le pouvoir en place ?

Ensuite, laissons le prochain gouvernement abroger cette loi : que nos gouvernants montrent qu’ils ont compris et ne cèderont plus aux sirènes des lobbys du divertissement. Ces industries ont été incapables de s’adapter à un monde d’échange et de partage, qu’elles soient donc remplacées par ceux qui auront compris, sont les entrepreneurs d’aujourd’hui et les artistes de demain.

Internet a permis de créer un monde où informations et contenus sont enfin libérés des limites artificielles qu’imposaient l’impression de journaux et de livres, le pressage de CD ou de films, et les canaux hertziens des chaînes de télévision. Comme écrivait récemment Laurent Chemla [1] : Internet ne peut pas être contrôlé, autant s’y faire...

D’autres fronts sont déjà ouverts

Cependant, quand bien même les techniciens ayant construit ce réseau savent qu’il sera extrêmement difficile de contrôler et censurer à nouveau les citoyens désormais habitués à cette liberté, il n’est pas un mois sans que s’annonce un projet de loi, une directive européenne, ou un accord international secret, visant à imposer la censure, le filtrage, et d’inacceptables limitations à la liberté d’expression !

Que l’on entende parler de l’ACTA, de Loppsi ou d’IPRED2, tous ces projets, aboutis ou en cours de négociations, sont autant de menaces contre la liberté d’expression et d’information sur Internet. Filtrage des contenus, responsabilité des fournisseurs d’accès à Internet sur ce qui circule sur leur réseau, censure nationale ou européenne, tous ces projets visent non pas à favoriser l’échange, l’intelligence et l’innovation, mais à conserver des positions établies, bloquer les communications libres, censurer des citoyens !

Il est donc important de ne pas avoir peur de la Hadopi, et de la laisser derrière soi une fois pour toute...

La Quadrature du Net, déjà omniprésente sur ces nouveaux fronts

C’est depuis le rapport Olivennes et en parallèle le vote de la directive Paquet Telecom à Bruxelles, qu’une initiative citoyenne a vu le jour : La Quadrature du Net, qui a fait beaucoup parler d’elle, mais surtout de son action, sur les projets de loi Hadopi, et sur les divers projets européens : Paquet Telecom, Rapport Gallo etc.

Co-fondateur de cette initiative citoyenne, La Quadrature du Net est déjà, et depuis bien des mois, présent sur ces nouveaux fronts : nos permanents et bénévoles, autant à Paris qu’à Strasbourg ou Bruxelles, ont permis de dévoiler les documents de travail de l’ACTA [2], de faire signer la moitié des députés européens contre cet accord commercial secret et inique [3], de monter la pression sur le rapport Gallo [4] ...

C’est grâce à l’action combinée des 3 permanents de La Quadrature du Net et de tous les bénévoles de divers pays d’Europe que cela a été rendu possible. C’est aussi grâce au financement des internautes, (financement essentiellement regroupé en janvier 2010), que nous avons pu disposer de permanents qui travaillent sans compter ni les heures ni leur fatigue pour coordonner les actions, publier des communiqués de presse en français et en anglais, contacter députés européens et journalistes, informer les citoyens via le site web de la quadrature ...

Toutes ces actions nécessitent donc de disposer de personne travaillant en permanence sur ces sujets, c’est une certitude aujourd’hui, et c’est donc aujourd’hui que la Quadrature du Net pose à nouveau la question de la pérennité de son financement et des postes associés. Si vous souhaitez pouvoir conserver cette parole à Bruxelles, Strasbourg et Paris, qui défende la neutralité des réseau, l’indépendance des fournisseurs d’accès à Internet, les capacités d’innovation fantastiques de l’Internet tel que nous le connaissons, face à des lobbys puissants et accrochés à leurs privilèges, il est temps d’agir !


Rendez-vous donc sur le site de la quadrature pour lui apporter votre soutien, qu’il soit financier, technique, de traduction ou de relecture, toutes les bonnes volontés sont bienvenues [http://lqdn.fr/soutien]

Enfin, si vous souhaitez nous rencontrer et aider à participer au débat et à l’information des citoyens sur ces enjeux, retrouvez nous le 19 novembre prochain à Paris pour un petit « quadrapéro » qui sera surtout une réunion de travail que nous espérons constructive. N’hésitez pas à vous inscrire à la liste de discussion de la Quadrature du Net en envoyant un email à discussion-subscribe@laquadrature.net

1 Messages

  • Petit commentaire sur le début de ton article :
    Pascal NEGRE en interview il y a quelques jours a déclaré être très favorable au téléchargement (payant) sur des modèles économiques comme ceux développés par Deezer (un abonnement mensuel permet de télécharger autant de titre que l’on souhaite).
    Ha, tiens, c’est marrant, ça me dit quelque chose cette idée d’un abonnement mensuel qui permet un téléchargement légal d’œuvre audio/vidéo... c’était pas une idée avant le lancement de l’HADOPI ?... Comme quoi, même Universal évolue... ou bien, effectivement, il sent le vent tourner pour l’HADOPI... Ca sent le formol... Quel dommage que ce "bidule" nous ai couté si cher !