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J’achète beaucoup de couteaux, je suis un tueur en série

D 7 décembre 2009     A Benjamin Sonntag    


C’est ainsi que l’on pourrait résumer les nouvelles de la SCAM , la société civile des auteurs du multimédia.

En effet, d’après la SCAM, lorsque l’on achète beaucoup de couteaux, c’est que l’on est un tueur en série . En fait, ils ne disent pas vraiment cela, mais cela revient au même ... explications ...


Hattori Hanzo, fabricant de couteaux de père en fils
issu du film Kill Bill, épisode 2

Lorsque vous achetez beaucoup de couteaux, cela peut vouloir dire plusieurs choses

Je prends un premier exemple simple : certaines personnes collectionnent les timbres poste (inoffensifs sauf pour la langue) ou les puzzle de 10000 pièces (inoffensifs sauf pour vos petits-enfants en visite). D’autres collectionnent les armes japonaises, ces catanas et couteaux de réputations mondiale :


Je suis fan de Naruto, de Ninja ou d’arts anciens Japonais
J’achète beaucoup de couteaux.

Autre exemple : je cuisine beaucoup, je suis très exigent sur la qualité de la découpe de mes viandes, la vélocité de la découpe des légumes et des herbes :


Au rayon fine-lame, sous-rayon "japon"
de mon fournisseur officiel de couteaux en ligne

Et oui, jusque là rien d’anodin, pas de cour d’assise en vue, aucun acte illicite ou crime organisé...

et c’est bien ainsi ! et tout le monde me le confirme, y compris mon avocat : acheter des couteaux, même beaucoup, ne fait pas de vous un criminel !

À la scam, on s’assied allégrement sur le droit

Mais où est la SCAM dans cette histoire me direz vous ? et bien dans son dernier communiqué , cette honorable société des auteurs du multimédia nous propose une taxation sur les internautes pour compenser le préjudice causé par le piratage des œuvres !

Et oui, les fournisseurs d’accès à Internet faisant un peu d’argent, il va bien falloir qu’ils soient taxés de toute part, de bonne et surtout de mauvaise foi.

Et c’est là qu’on atteint le paroxysme du ridicule, je cite :

"La Scam propose donc d’instaurer une redevance assise sur un surcout d’abonnement que les FAI auraient l’obligation de facturer aux abonnés gros consommateurs de bande passante, circonstance révélatrice de téléchargements illicites d’œuvres"

C’est ce midi, devant mon sandwich, qu’une telle proposition manqua de m’étouffer : Donc, je résume : "si j’achète beaucoup de couteaux, c’est une circonstance révélatrice de crimes en série"

À nouveau, on se trouve en plein milieu du délire répressif de ceux dont le modèle économique ne suffit plus à assurer un train de vie donné, et qui s’en plaignent.

Si cela s’arrêtait là, nous pourrions en rire et c’est tout, mais hélas, aussi absurde que puisse paraitre une telle proposition, elle a l’oreille attentive des réseaux et connaissance de tout ce milieu, et risque de passer très bientôt. Probablement en premier lieu dans les conclusions de la mission confiée à M. Zelnik par le ministre de la culture Frédéric Mitterrand ...

Prélèvement général, répartition ridicules, fortune des intermédiaires ...

Dans la même veine, Bernard Myet, de la très fameuse SACEM, propose de taxer 1€ sur les abonnement chez les FAI.

Messieurs, vous oubliez d’autres publics qui devraient eux aussi bénéficier de la manne du monde Internet :

- Les journalistes, ils font un véritable travail que bon nombre de blogueurs et même google actualité s’empressent de recopier

- les blogueurs professionnels et semi-professionnels : ils n’ont pas de bol eux : ils ne sont pas organisés en syndicat et ne peuvent donc se payer des lobbyistes à plein temps à l’assemblée et dans les ministères

- les auteurs de livres éditeurs de manuels et autres photocopillés, plus encore aujourd’hui qu’à l’époque des bons vieux polycopieurs à alcool !

- les vidéo-dj en boite de nuit, que l’on s’empresse de diffuser sur son profil facebook au milieu de la dernière vidéo de la soirée hype où le gotta a assisté à une performance acceptable

- les auteurs de bande dessinée en ligne et hors-ligne

- les auteurs de jeux pour pc, mobile et console

J’en passe et en oublie nous sommes très nombreux, au quotidien, à produire de la création, à être ou pas rémunéré pour cela, et à ne pas demander à ce que tout soit taxé dans tous les sens pour assurer le train de vie des intermédiaires qui oublient bien souvent de rémunérer ceux à qui ils le doivent ...

Jusqu’où ira l’absurdité de ces intermédiaires puissants juste parce qu’ils sont présents dans les bons réseaux ? Je vous le laisse comme exercice ...